LE ZEN RINZAI

Moines du temple du Daitoku-ji

Le zen

Le zen (ou chan) est un courant du bouddhisme chinois, importé au Japon par deux moines principalement : Eisai, en 1191, et Dôgen, en 1228. Fondée en Chine au VIIe siècle cette école insiste particulièrement sur la méditation, pratique permettant au disciple d’atteindre l’éveil (ou satori).

Intégrant un grand nombre de textes qui rapportent notamment les enseignements de grands maîtres, le zen insiste toutefois sur la nécessité de maintenir une distance avec les écritures et privilégie l’expérience à la connaissance analytique. La nature de bouddha comprise comme universelle et absolue est dite présente en tout être. Prendre conscience de celle-ci ne saurait se faire par le truchement du seul langage ou de la raison. Tous deux ne sont pas à même de guider le fidèle vers cette nature de bouddha. L’homme qui a connu l’éveil peut, en revanche, essayer de conduire ses disciples vers cette même expérience. Cet éveil est pareil à celui par lequel le Bouddha connut le nirvana. Parvenir à cette « extinction  » c’est s’être affranchi de l’illusion d’un soi sable et substantiel, c’est s’être libéré des désirs qui attachent les individus au cycle incessant des vies et des renaissances.

Pendant les périodes de Kamakura (1185 – 1333) et Muromachi (1333 – 1568), les classes guerrières et le gouvernement des shôguns Ashikaga favorisèrent grandement sa diffusion et les grands monastères devinrent des foyers artistiques et intellectuels très actifs.

L’école rinzai

C’est à la fin du XIIe siècle que le moine japonais Eisai partit en Chine pour suivre les enseignements de la branche de Linji ou Rinzai en japonais. En s’installant au Japon, le courant du zen rinzai sut conserver une attache très forte avec la Chine préservant en grande partie les règles et les principes issus du continent.

Le zen rinzai se distingue des autres écoles zen japonaises (sôtô, importée par Dôgen en 1227 et ôbaku, introduite par des religieux chinois au milieu du XVIIe siècle) par certains éléments doctrinaux, mais surtout par des visions différentes de la pratique. Si toutes les écoles insistent principalement sur la méditation assise (zazen) et sur les échanges réguliers entre un disciple et son maître, le sens donné à ces divers moments de la pratique varie de façon significative.

Le zen rinzai accorde une place très importante aux kôan que le maître soumet à l’occasion d’entretiens avec ses disciples. Cet échange permet de transmettre la doctrine directement de maître à élève. Les kôan prennent le plus souvent la forme de questions surprenantes et apparemment absurdes. Elles déroutent et défient la pensée logique pour contraindre l’esprit à une approche intuitive.