LE DAITOKU-JI

Situé au nord de la ville de Kyôto, le Daitoku-ji compte parmi les sites bouddhiques les plus prestigieux du Japon pour sa beauté, sa vitalité culturelle et spirituelle. Fondé par le moine Shûhô Myôchô (Daitô-kokushi, 1282-1337), il est le siège de la branche Daitoku-ji de l’école du zen rinzai. Très tôt élevé au rang de temple voué aux prières de la maison impériale, il fut placé sous le patronage de l’Empereur, et connut une remarquable prospérité.

Comme c’est le cas de beaucoup de temples et de monastères japonais construits en bois, l’histoire du Daitoku-ji est l’histoire de ses nombreuses reconstructions et extensions. Les bâtiments originels furent entièrement détruits par le feu en 1453 et en 1468. Le moine zen Ikkyû (1394-1481), qui jouit aujourd’hui encore au Japon d’une notoriété considérable pour ses talents de calligraphe et de poète ainsi que son caractère fantasque, reconstruisit le temple avec l’aide d’Owa Sôrin, riche marchand du sud d’Osaka.

Le hôjô (siège du temple) fut achevé en 1478 et le hattô (salle des sermons et de l’étude des écritures sacrées bouddhistes) l’année suivante. Le sanmon (porte principale du temple) fut restauré en 1529 grâce aux efforts du poète Sôchô. La plupart des bâtiments furent reconstruits. Au XVIe siècle, de grands seigneurs furent associés de façon plus ou moins étroite aux transformations du Daitoku-ji. C’est le cas de Nobunaga, Hideyoshi puis Ieyasu Tokugawa qui sont considérés comme les trois acteurs de l’unité politique du Japon.

Si la politique hostile au bouddhisme mise en place après la restauration de Meiji (fin du XIXe siècle) eut pour conséquence la destruction de nombreux temples secondaires, vingt sont encore intacts et de nombreux trésors y sont préservés. La plupart des constructions sont classées Trésors Nationaux et Importants Centres culturels.